jeudi 25 août 2016

Max et les Maximonstres - Maurice Sendak


Max et les maximonstres
Maurice Sendak

Édition L'école des loisirs, 2000
Traduit par ?
  37 pages

Genre(s) : Album, Aventure, Jeunesse

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Résumé :
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Après avoir enfilé son costume de loup et fait plusieurs bêtises, Max est puni par sa mère et doit rester dans sa chambre. Comme dans un rêve, il va y faire le plus fabuleux des voyages au pays des Maximonstres. Une épouvantable fête s’organise alors.

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Mon avis :
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C'est sur une impulsion que j'ai décidé de lire ce titre jeunesse, le film m'intéressait beaucoup mais je ne comptais pas lire sa version papier et finalement je me suis lancée, je ressors un peu déçue car le récit est vraiment trop bref à mon goût mais le reste ne m'a par contre pas déplu.

Un soir, le petit Max se met à faire des bêtises; il emprunte un marteau pour massacrer un mur, il essaie d'enfourcher le chien (dans le sens de le réduire en bouilli à coups de fourchette !) et fait suffisamment tourner chèvre sa mère pour qu'il soit envoyé dans sa chambre sans dîner.
C'est alors qu'un arbre se met à pousser, puis un autre, et encore un autre, jusqu'à ce que Max parte pour un nouveau pays où de grosses bestioles poilues vont l'accueillir...

Cela va être un peu difficile d'écrire une chronique développée sur ce titre car l'histoire ne tient que sur quelques pages, et pas quelques pages remplies de haut en bas, plutôt deux ou trois phrases sur chacune, du coup j'ai vraiment hâte de voir comment cet univers va être creusé dans le film parce qu'ici c'est pour ainsi dire une esquisse, aucune fioriture, nous avons juste les grandes lignes de l'histoire,  c'est un bon début et je comprends pourquoi c'est un livre culte, que ce soit pour un enfant ou un adulte le voyage fonctionne et c'est justement le problème, l'idée marche mais l'histoire est tellement courte que c'est frustrant !
Malgré le fait que le livre ne fait même pas 40 pages l'auteur réussit à mettre en place une intrigue moins simpliste qu'il n'y parait, un enfant passerait probablement à côté mais les adultes pourront y voir un message comme quoi il faut affronter sa peur ou encore de l'ironie quand Max se retrouve exactement dans la même position que sa mère quand il n'arrive plus à maîtriser les monstres.
 
Et je ne peux pas parler de "Max et les maximonstres" sans évoquer le dénouement car cela peut surprendre mais il n'y a aucune morale à cette histoire, Max fait des conneries, vit une aventure fantastique et quand il revient il a le droit à son repas, il n'a rien n'appris, n'a pas réfléchit à ce qu'il a fait, ne s'est pas excusé, c'était un sale gosse au début et c'est un sale gosse à la fin, le genre de sale gosse qui donne envie de filer au plus vite se faire ligaturer les trompes !
Et justement cette absence de moral a provoqué un sacré tollé à sa sortie, mais moi cela me plaît, forcément je ne peux pas réfléchir aux réactions de l'époque (étant née 28 ans plus tard) de façon très objective mais reprocher à ce bouquin de remettre en cause l'autorité parentale n'est pas franchement pertinent à mon sens, je préfère largement voir un gamin qui peut être turbulent et sa mère qui ne sait plus comment le gérer qu'une famille clichée où tout est rose constamment et qui est bien loin de la réalité, et c'est un peu la même chose pour le manque de moral je suis peut-être une grosse pessimiste mais je ne pense pas qu'un gamin qui lit dans un bouquin "sois gentil avec tes parents, brosse toi les dents et fais bien tes devoirs" va le faire en vrai, donc plutôt que de se retrouver face à une morale bateau et inutile il vaut mieux ne pas en avoir du tout !

Niveau dessins c'est très réussi, les monstres sont parfaits, on ne tombe ni dans le trop effrayant ni dans le genre "monstres sanguinaires qui sont en fait tout choupis" là c'est le juste milieu, les monstres peuvent un peu faire penser à de grosses peluches mais ils ont en même temps de bonnes griffes, des regards de psychopathes et doivent sûrement se servir du fémur de leur dernière victime comme d'un cure-dent. Cette petite saloperie de Max est aussi bien dessiné, notamment au niveaux des expressions faciales. Et plus généralement le style me fait un peu penser à des gravures, donc forcément cela me plaît et si les couleurs sont jolies elles ne sont pas criardes et contribuent à l'atmosphère mi-féerique mi-inquiètante.

Bref, comme vous le voyez le gros bémol est que ce titre aurait vraiment mérité un plus long développement mais le reste m'a convaincue, c'est un livre jeunesse qui mérite le coup d'être lu à tout âge et je ne tarderai pas à regarder l'adaptation pour voir comment l'univers sera étoffé !
 
 
 
Ma note :
 

jeudi 18 août 2016

Romanesque - Tonino Benacquista




Romanesque
Tonino Benacquista

Édition Gallimard, 2016
240 pages

Genre(s) : Contemporain, Aventure




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Merci à
et aux éditions 
http://www.gallimard.fr/


Résumé :
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Un couple de Français en cavale à travers les États-Unis se rend dans un théâtre, au risque de se faire arrêter, pour y voir jouer un classique : Les mariés malgré eux. La pièce raconte comment, au Moyen Âge, un braconnier et une glaneuse éperdument amoureux refusent de se soumettre aux lois de la communauté. Malgré les mille ans qui les séparent, les amants, sur scène comme dans la réalité, finissent par se confondre. Ils devront affronter tous les périls, traverser les continents et les siècles pour vivre enfin leur passion au grand jour. Tonino Benacquista livre ici un roman d’aventures haletant et drôle qui interroge la manière dont se transmettent les légendes : l’essence même du romanesque.
  

.Mon avis :
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De cet auteur j'avais déjà découvert "Saga" il y a quelques mois que j'avais beaucoup apprécié et je pensais continuer avec "Malavita" mais Babelio m'a prise de court et m'a proposé "Romanesque" en partenariat, le résumé me plaisait et je me suis laissée tenter.

"Romanesque" nous fait découvrir un couple de français se rendant au théâtre voir une pièce racontant l'histoire de deux amants, qui alors qu'ils ne voulaient que vivre leur amour se retrouvent jugés et exécutés pour leurs péchés (parce que le moyen-âge c'est magnifique !) mais se retrouvent au Paradis pour être finalement de nouveau séparés, renvoyés sur Terre et le plus éloignés physiquement possible.
Tout se met en travers de leur chemin (y compris Dieu et Satan en personnes) et les deux amants devront travers les époques et parcourir la planète pour espérer se revoir...

Le début du livre est un peu confus et j'avoue qu'il ne partait pas gagnant, les deux histoires (celle des amants et celle des deux spectateurs) donnaient l'air d'être liées mais c'était un peu brouillon à mes yeux et je ne voyais pas comment l'auteur allait se dépatouiller avec cela, mais finalement tout devient rapidement plus clair et l'histoire devient prenante, c'est à la fois haletant, touchant et avec une petite touche loufoque qui fait largement sourire.

Je ne vais pas raconter tout ce que peuvent vivre les amants (qui n'ont pas de nom en passant, il me semble) mais on peut dire qu'ils multiplient les expériences, que ce soit sur Terre, au Paradis ou en Enfer, ils n'ont pas souvent l'occasion de souffler, les deux héros doivent non seulement tout faire pour se retrouver (Dieu en ayant eu marre de les voir se bécoter il l'est a expédiés à des milliers de kilomètres l'un de l'autre mais le héros ne sait pas où a été envoyée son amante et inversement) mais ils vivent aussi des aventures chacun de leur côté, elle devra par exemple se débarrasser d'un noble asiatique la voulant dans son harem, pendant que lui rencontrera un auteur et l'aidera à magnifier la pièce qu'il est en train d'écrire (la pièce qui narre justement l'épopée de nos deux amants) (ce bouquin c'est "Inception" !)
A côté de cela il y a encore beaucoup de choses, notamment le passage avec Satan dont je n'ai pas parlé , qui est vraiment très sympa à lire et où on voit que le seigneur des ténèbres en bave lui aussi avec les deux héros, mais en même temps je les comprends nos petits amoureux ils voulaient juste être peinards, vivre dans leur petite bulle dans leur cahute dans les bois et tout le monde leur cassent les noix, d'abord en les mariant de force, puis en leur tranchant la tête pour leurs sois-disant péchés et pour ne pas avoir réussi à sauver leur roi à l'agonie (oui parce que leur péché de chair aurait été pardonné s'ils avaient trouvé un moyen de sauver leur souverain, sauf que le souverain en question est en train de pourrir sur pattes et que même un magicien ne pourrait rien faire !) et même les pensionnaires du paradis sont gavés de voir deux personnes aussi liées, mais foutez-leur la paix enfin !
Cela dit mon sadisme me donnait envie de les voir galérer un petit peu pour profiter encore un peu plus de tout ce qui leur arrive, j'ai trouvé l'intrigue tellement bien trouvée et les événements s'enchaînant tellement bien que j'ai tourné les pages à toute vitesse et qu'arrivée à la fin j'étais presque frustrée de ne pas avoir plus à me mettre sous la dent, même si en même temps j'avais vraiment envie de savoir si les amants allaient être réunis et comment...
Bref, cette histoire aura réussi à me convaincre pleinement après un début un peu compliqué, j'ai aimé suivre ces deux personnages qui même s'ils ne sont pas énormément développés sont parvenus à me toucher.

La plume de l'auteur est aussi très plaisante, elle est bien travaillée sans être lourde ou pompeuse, cela fait du bien d'avoir un style bien moins simpliste que d'habitude avec un peu plus de vocabulaire et de plus jolies tournures de phrases tout en gardant une lecture fluide.

Pour résumer, j'ai passé un excellent moment avec ce titre, l'idée de base est simple et Tonino Benacquista a vraiment réussi à faire quelque chose de surprenant et d'accrocheur avec en plus un beau style.

Merci beaucoup à Babelio et aux éditions Gallimard pour cette découverte !


Ma note :

mardi 2 août 2016

Docteur Sleep - Stephen King




Docteur Sleep
Stephen King

Édition Le livre de poche, 2015
Traduit par Nadine Gassie
  768 pages

Genre(s) : Horreur

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  Résumé :
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Danny Torrance a grandi. Ses démons aussi... Hanté par l’idée qu’il aurait pu hériter des pulsions meurtrières de son père Jack, Dan Torrance n’a jamais pu oublier le cauchemar de l’Hôtel Overlook. Trente ans plus tard, devenu aide-soignant dans un hospice du New Hampshire, il utilise ses pouvoirs surnaturels pour apaiser les mourants, gagnant ainsi le surnom de « Docteur Sleep », Docteur Sommeil. La rencontre avec Abra Stone, une gamine douée d’un shining phénoménal, va réveiller les démons de Dan, l’obligeant à se battre pour protéger Abra et sauver son âme...

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Mon avis :
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Comme je l'ai déjà dit plusieurs fois, j'adore écrire des chroniques assassines sur des bouquins que j'ai détesté, j'ai adoré descendre "Wendigo" de Graham Masterton, j'ai adoré descendre le tome 1 de "Fifty shades of Grey", et la liste est longue ! Mais je dois dire que ce n'est pas de gaieté de cœur que je m'apprête à descendre un livre que j'étais impatiente de découvrir, lire une suite aussi infâme à un de mes livres préférés est non seulement douloureux pour les rétines mais aussi très frustrant et c'est donc complètement blasée que je vous présente une de mes plus grosses déceptions littéraires (oui rien que ça !)

Vingt ans ont passé depuis le drame de l'Overlook, Danny Torrance essaie de se construire en oubliant son lourd passé mais le jeune homme est tombé dans l'alcool, est complètement paumé et son don lui joue encore des tours faisant ressurgir d'anciens fantômes.
Après des années d'errance et de lutte pour ne pas être démoli par l'alcool comme son père l'a été, son chemin croise celui d'une petite fille télékinésiste nommée Abra qui... (vous pensez que Stephen King s'est inspiré du Pokémon du même nom pour faire son personnage ou ce n'est qu'un coïncidence ? Hein ? Ah oui pardon de cette interlude qui ne fait rire que moi, je m'étais jurée de le faire :D) est trop puissante et est poursuivie par des sortes de vampires qui se nourrissent du Don (et qui se déplacent en camping-car) (à moins de les faire conduire des trottinettes, je ne vois pas comment les rendre plus ridicule !).

Si j'aime autant "Shining" ce n'est pas seulement pour son intrigue passionnante mais aussi pour son atmosphère oppressante au possible et ses personnages parfaitement construits et grâce à tout cela l'ensemble est une descente en enfer qui réussit à m'angoisser à chaque fois et dont je ne me lasserai sûrement jamais, du coup j’espérais vraiment retrouver les mêmes sensations avec "Docteur Sleep" et j'ai ressentis certaines choses mais celles là non, dans les 100 premières pages je me disais que l'histoire mettait beaucoup de temps à s'installer, dans les 200 qu'il fallait que je sois encore un peu patiente, dans les 300 que cela commençait à faire long, et à la 400ème page j'avais envie de me laver le cerveau avec de la javel, alors je vous laisse imaginer mon état quand je suis arrivée à la dernière page !
Je ne sais pas ce qui a cloché avec cette suite, la sauce n'a prise à aucun moment et je me suis ennuyée du début à la fin.
L'intrigue part un peu dans tous les sens, entre les visions d'Abra, Dan qui tente de se sortir de son alcoolisme, les vampires, la secte de tarés, les parallèles avec "Shining"... C'est chargé et vu que je n'ai pas réussi à m'impliquer dans le récit j'ai vite été larguée, je lisais sans tout comprendre et je voulais juste arriver vite au dénouement (pas surprenant pour un sou) pour être débarrassée de cette lecture qui ressemblait plus à une corvée qu'à autre chose.
Et donc, je radote, mais le roman ne fait pas peur, je lisais "Docteur Sleep" la nuit sans problème alors que pendant ma lecture de "Shining" j'avais la vessie qui jouait des castagnettes et je gardais le bouquin fermé dès que le soleil se couchait, je n'ai eu qu'un petit frisson quand la morte de la chambre 217 fait son petit come-back et... c'est tout, une seul frisson en plus de 700 pages, c'est peu pour un livre d'horreur.

Je ne suis pas non plus convaincue par les créatures surnaturelles utilisées, vous aurez compris que je les trouve risibles mais aussi parce que j'aimerai vraiment que Stephen King arrête de nous gonfler avec les vampires, il nous a fait le coup avec Salem qui m'a déjà bien emmerdée mais en trouver dans un livre que j'attendais tellement me file des boutons, je n'ai jamais trop apprécié les vampires, je tolérais leur présence il y a encore quelques années mais le phénomène autour d'eux m'a définitivement lassée et les croiser quelques part maintenant, à par quelques rares exceptions, me fait directement lever les yeux au ciel, quitte à utiliser une créature fantastique autant faire preuve d'imagination ou d'en utiliser une méconnue plutôt que de nous ressortir pour la millième fois ces grands machins aux dents longues et à la peau blanche comme une merde de crémier, même s'ils sont présentés un peu différemment ici, cela ne fonctionne pas avec moi.

Sincèrement je ne sais pas trop comment parler de cette lecture, si je relève certains points qui me gênent globalement je n'ai pas été suffisamment marquée pour faire une chronique plus complète mais en même temps je n'aurais rien trouvé à sauver et j'aurais pu juste vous dire que j'ai détesté ce titre en long en large et que je l'ai en travers de la gorge.
Bref, "Docteur Sleep" a apparemment séduit bon nombre de lecteurs et j'aurais aimé que ce soit le cas pour moi aussi mais c'est de loin le titre de Stephen King qui m'a le plus déçue (enfin j'ai encore un bon paquet de ses livres à lire je peux peut-être trouver encore pire !) (Joie) et je préfère carrément oublier que "Shining" a eu une suite !
 

Ma note :
 

vendredi 29 juillet 2016

Le bleu est une couleur chaude - Julie Maroh

 


Le bleu est ma couleur
Julie Maroh

Édition Glénat, 2010
152 pages

Genre(s) : Bande-dessinée, Romance

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  .   Résumé :
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Clémentine, étudiante, rencontre Emma, avec qui elle va vivre une passion amoureuse en dépit des préjugés et du conformisme. Un one-shot fleur-bleue qui traite de façon romantique le thème de l'homosexualité féminine et ses tabous.
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Mon avis :

Je n'ai jamais eu très envie de voir "La vie d'Adèle" qui est l'adaptation de cette BD, déjà le casting ne m'emballe pas et je suis sure que beaucoup de choses vont me chagriner, voir me vriller sévèrement les nerfs, quand je le verrai (parce que je finirai par le faire malgré le manque d'envie), au contraire la version papier m'inspirait plus et des connaissances non-hétéros l'ayant conseillé, j'ai foncé !

Clémentine a tout juste 16 ans lorsqu'elle croise dans la rue une jeune fille aux cheveux bleus, si elle ne s'était jamais questionnée sur son orientation sexuelle jusqu'à maintenant elle commence à s'inquiéter de penser autant à cette jeune fille et même de rêver d'elle la rejoignant dans son lit...

Si je me suis fiée aux avis de non-hétéros sur cette BD ce n'est pas pour rien (et pas parce que je déteste les hétéros, rien à voir, je déteste tous les humains peu importe leur sexualité !), avant de m'attaquer à une histoire où une romance entre deux personnages du même sexe intervient j'ai toujours peur d'y retrouver des clichés voir dans le pire des cas de l'homophobie sous-jacente et donc que cette BD ait "l'approbation" de non-hétéros me rassurait, et je confirme que Julie Maroh n'a fait aucun faux pas à ce niveau.

Clémentine est à un âge où on se cherche beaucoup sur à peu près tous les sujets et où on peut aussi se demander par qui on est attiré, si pour certains la découverte de leur orientation sexuelle se passe sans problème pour d'autres la situation est plus compliquée, cela peut-être difficile à encaisser pour eux et pour ne pas aider l'entourage peut être hostile et blessant et du coup tout cela va être vécu par Clémentine qui est largement mal à l'aise à l'idée d'être attirée par une autre fille et va prendre certaines décisions idiotes mais qu'on peut comprendre vu son état d'esprit et qui va souffrir à cause de l'homophobie de certains membres de son entourage, son père en tête, c'est loin d'être toujours joyeux mais Clémentine traverse une période délicate que l'auteure a bien traitée, que ce soit pendant le questionnement du personnage, ses doutes, ses peurs et finalement l'acceptation de ce qu'elle est, on ne tombe jamais dans le mélo, on ne passe jamais à côté du sujet, ce n'est pas non plus racoleur pendant les deux ou trois scènes de sexe (ce que je crains du film), Clémentine elle même peut être agaçante par moment mais son parcours et tous les messages qu'il peut faire passer valent le coup d’œil.

Niveau dessins, le coup de crayon est assez joli, je suis peut-être moins fan des couleurs j'aurais aimé un peu plus de peps à certains moments, mais en même temps ce qui ressort le plus finalement ce sont les cheveux bleus d'Emma, elle illumine les cases où elle est présente et du coup cela peut aussi donner l'impression qu'elle illumine la vie de Clémentine, donc le petit manque de couleurs n'est pas vraiment un défaut en soi grâce à cela.

Bref, certains résumés qualifient cette histoire de "fleur bleue" et je ne suis pas d'accord, ce n'est pas niais, c'est juste et c'est vrai, c'est touchant et on peut se reconnaître dans le personnage, mais je suppose que le terme "fleur bleue" a été lâché juste parce que ce sont deux filles donc forcement cela doit être nian-nian, si cela avait été deux hommes on aurait sûrement fait référence à une histoire pleine de testostérone ou je ne sais quelle autre bêtise et non seulement c'est stupide mais c'est aussi très réducteur, "Le bleu est une couleur chaude" est non seulement une jolie romance où tout n'est pas rose, où les deux personnages peuvent vraiment se faire mal mais qui est aussi chargée d'amour et de tendresse, mais aussi le portrait d'un personnage qui peut nous parler et nous émouvoir qu'on soit passé par les mêmes phases ou pas, qui peut être instructif pour les non-concernés et donner un peu d'optimisme à ceux qui sont en plein dedans en ce moment...


Ma note :

jeudi 21 juillet 2016

Starters, tome 2 : Enders - Lissa Price




Starters, Tome 2 : Enders
Lissa Price

Édition Robert Laffont, 2013
Traduit par Cécile Ardilly
401 pages

Genre(s) : Science-fiction, Jeunesse

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 Série : Starters
1. Starters ---> #
2. Enders

 

Résumé :
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MESSAGE SPÉCIAL DU PDG DE PRIME DESTINATIONS À L’ATTENTION DES STARTERS :

LA LOCATION DE VOS CORPS A ÉTÉ INTERROMPUE.
MAIS N’OUBLIEZ PAS,
JE CONTRÔLE TOUJOURS VOTRE ESPRIT.

Je peux voir à travers vos yeux.
Vous forcer à dire ce que je veux.
Vous pousser à entrer dans n’importe quel lieu.

Alors, juste un petit conseil : ne faites confiance à personne, même pas à vous-même !

VOTRE VIE M’APPARTIENT.
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Mon avis :
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Après le premier tome j'espérais que l'auteure se soit un peu plus creusé la soupière et ait développé l'univers de la série, mais au fond je savais pertinemment que je pouvais toujours attendre et sur ce point au moins je ne suis pas déçue ! Et comme je suis une fille fiable qui tient toujours ses promesses (enfin quand ça l'arrange surtout) et que j'avais dit que je serai virulente en cas de frustration de ce genre, je ne vais pas me gêner pour l'être !

Malgré la chute de Prime Destinations, Callie a toujours sa puce implantée dans la tête et Le Vieux ne se gêne pas pour s'en servir et communiquer avec Callie. Qui plus est il est capable de prendre le contrôle de tous les Starters ayant des puces et les utiliser comme des armes.
Commence alors une course contre la montre pour découvrir qui est le Vieux et trouver un moyen de l'arrêter.
Ah oui et accessoirement Callie entend la voix de son père grâce à sa puce... alors qu'il est sensé être mort... je dis ça en passant... Si vous avez l'impression que l'auteure nous prend pour des demeurés, c'est normal !

Bref, je vais me répéter par rapport à ma chronique sur le premier tome mais encore une fois, même si ma lecture ne date que de quelques jours, l'histoire commence déjà à se faire oublier au point que j'ai dû relire les dernières pages parce que je n'arrivais plus à me rappeler du dénouement, il faut avouer que ce n'est pas bon signe mais je vais quand même essayer de me rafraîchir la mémoire pour relever tout ce qui cloche dans cette suite, parce que les points positifs ne sont pas nombreux, à par quelques bons rebondissements et la lecture qui reste fluide malgré l'ennui, le reste ne m'a pas convaincue !

Pour commencer forcément le plus gros reproche que je peux faire concerne l'univers qui n'est pas aussi développé qu'il aurait pu, honnêtement je ne m'attendais plus vraiment à savoir par quels moyens les échanges de corps avaient pu être mis en place, j'avais fait mon deuil la dessus, mais j’espérais au moins en savoir plus sur les spores qui ont tué la plus grosse partie de la population, d'où elles venaient, pourquoi les Starters et Enders n'en avaient pas ressenti les effets et vu qu'elles sont évoquées pendant plusieurs pages au cours du livre j'attendais les explications et... finalement il n'y a rien eu, je ne sais pas si l'auteure n'a juste pas cherché à trouver le pourquoi du comment ou si elle a jugé que c'était inutile de le partager avec nous, mais on frise la fainéantise et vu que l'histoire ne casse déjà pas des briques à la base si à côté de cela il n'y a pas un univers un tant soit peu solide et réfléchi, il y a de quoi vite décrocher.

Parce que l'histoire n'a rien d'extraordinaire, certains retournements de situation sont bien trouvés mais le reste est fade, Callie rencontre Hyden (le beau et mystérieux Hyden, comme c'est original...) les deux vont essayer de trouver un moyen de débarrasser Callie de sa puce et vont se lancer aux trousses du Vieux et mettre fin à ses méfaits, trame assez classique donc, qui peut fonctionner si l'action est bien dosé ce qui n'est pas franchement le cas ici, l'intrigue avance de façon assez poussive et il y a pas mal de moments de flottement qui n'aident pas à trouver un bon rythme.
Et je ne vais pas trop m'entendre sur le dénouement, comme je l'ai dit je l'avais oublié et ce n'était pas plus mal parce que les fins où tout est bien qui finit bien me gonflent !

Comme vous vous en doutez sûrement ce deuxième tome a aussi son lot de niaiserie, je ne vais pas en parler parce que je ne veux pas devenir vulgaire mais j'aimerai revenir sur un petit détail; avec ce tome on se rend bien compte des limites de la narration à la première personne puisque lorsque Callie et Hyden s'embrassent alors que lui a emprunté le corps d'un autre jeune homme, aucun des deux ne voit vraiment le côté malsain de cette scène et si l'histoire avait été racontée à la troisième personne cela aurait été le bon moment pour faire comprendre que faire n'importe quoi avec le corps d'un autre sans son consentement ce n'est pas normal, c'est glauque, c'est non alors bats les pattes ! Autant c'est évident pour moi, autant certains lecteurs ont pu se dire que cette scène était choupinette et une petite réflexion la dessus aurait été la bienvenue, mais bon ça ou le reste on peut s'asseoir dessus après tout essayer de donner un peu de profondeur et d'intelligence à un récit c'est surfait autant se concentrer sur UNE ROMANCE TOUTE POURRIE entre une gourdasse naïve et un mec identique à tous les autres mecs des livres young-adult !

Je suis bien contente que cette série ne compte que deux tomes car je n'aurais pas eu le courage de continuer s'il y avait eu une suite, je trouve que l'auteure a gâché tout le potentiel qu'avaient l'univers et l'histoire et a sombré dans la facilité, "Starters" est donc une dystopie que j'oublierai très vite...

 

Ma note :
 

lundi 18 juillet 2016

La liste de mes envies - Grégoire Delacourt





La liste de mes envies 
Grégoire Delacourt
Édition JC Lattès, 2012
  186 pages

Genre(s) : Contemporain



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.Résumé :
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Jocelyne, dite Jo, rêvait d’être styliste à Paris. Elle est mercière à Arras. Elle aime les jolies silhouettes mais n’a pas tout à fait la taille mannequin. Elle aime les livres et écrit un blog de dentellières. Sa mère lui manque et toutes les six minutes son père, malade, oublie sa vie. Elle attendait le prince charmant et c’est Jocelyn, dit Jo, qui s’est présenté. Ils ont eu deux enfants, perdu un ange, et ce deuil a déréglé les choses entre eux. Jo (le mari) est devenu cruel et Jo (l’épouse) a courbé l’échine. Elle est restée. Son amour et sa patience ont eu raison de la méchanceté. Jusqu’au jour où, grâce aux voisines, les jolies jumelles de Coiff’Esthétique, 18.547.301€ lui tombent dessus. Ce jour-là, elle gagne beaucoup. Peut-être.
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Mon avis :
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"La liste de mes envies" est un titre dont on avait pas mal entendu parler à sa sortie, vu tous les bons avis je l'avais vite ajouté à ma wish-list pour finalement le faire longuement poireauter jusqu'à ne plus en avoir de grandes attentes aujourd'hui, ce qui n'est pas plus mal vu ce que j'en ai finalement pensé...

Jo a 47 ans, travaille dans sa mercerie, est mariée à un homme qu'elle trouve correct, a deux enfants et en a eu un troisième mort né, tient un site qui s'appelle "Dixdoigtsdor" qui pourrait être le nom d'un site porno mais qui en fait porte sur le tricot et qui remporte son petit succès. Bref Jo mène une vie banale, loin de ses anciens rêves, avec pas mal d'emmerdes, et pas beaucoup de satisfaction, mais les choses vont brutalement changer quand elle remporte plus de 18 millions d'euros au loto...

Voila un titre qui rejoint ma liste des livres qui ont eu beaucoup de succès sans que je ne sache vraiment pourquoi, oui cela se lit vite (d'une traite pour ma part) et ne demande pas beaucoup de travail au niveau des neurones, mais à côté de cela l'histoire n'a tout simplement aucun intérêt, une fois qu'elle apprend qu'elle a gagné le loto Jo passe son temps à se demander si elle doit encaisser le chèque ou pas, ce qu'elle pourrait acheter avec tout cet argent et ce que cela pourrait lui apporter comme ennuis, et cela tourne en rond jusqu'aux dernières pages où l'auteur se décide enfin à se bouger mais ce qui arrive à ce moment là est tellement prévisible, tellement mal traité que c'est aussi chiant et vide que le reste.

La seule pseudo profondeur que l'auteur essaie de donner à son récit réside dans la question vue et revue "L'argent fait-il le bonheur ?", question que je trouvais déjà exaspérante la première fois et qui aujourd'hui me donne envie de me touiller le cerveau avec un coton-tige, encore plus quand je vois le dénouement ultra convenu que cela donne, et je ne parle pas des autres thèmes du livre comme "Est-ce que l'argent résout tous les problèmes ?" ou "Sur quoi repose l'amour ?" qui sont tous plus usés les uns que les autres et que même le dernier des crétins qui se la joue philosophe de bas étage n'ose pas utiliser (non, je ne dis pas que l'auteur est un crétin juste qu'il se sert de problématiques pourries !), tout cela alourdit le texte, le rend encore plus mièvre qu'il n'est et accentue le sentiment d'être pris pour des jambons au passage.
Et puis je suis désolée mais entendre pour la énième fois que "L'argent est mauvais, ce qui compte c'est ce qu'on a dans le cœur" et autres conneries du même acabit me fatigue, bizarrement c'est toujours ceux qui ont de l'oseille qui te balance ce genre de phrases bateaux en plus !

Je serai tout aussi virulente avec Jo, elle passe son temps à chouiner, sans une thune ou pleine aux as c'est les jérémiades à tout bout de champs; ma vie est triste, je suis grosse, est-ce que mon mari m'aime vraiment ?; et nianiania, tu es riche punaise alors encaisse ton chèque, fais une liposuccion et arrête de nous saouler avec ta crise d'ado à retardement ! Bon je m'excite pour rien mais ce genre de personnage tartignole m'insupporte, c'est le cliché de l'épouse bobonne qui s'intéresse à peu de choses, essaie d'être une sainte (parce qu'avoir du caractère c'est surfait apparemment) et qui est mariée à un homme qui ne la regarde plus, qui a pris du bide et dont le rêve ultime est de se payer un écran plat, je ne dis pas que ce genre de personne n'existe pas dans la réalité mais je suis toujours étonnée de la faculté de certains auteurs à penser que tous les gens "simples" qui peuvent galérer à payer les factures et qui ne vivent pas dans les quartiers chics de Paris sont forcément des péquenauds, je suis quelqu'un de parano donc peut-être que je vois le mal partout et que l'auteur n'avait pas ces intentions là mais vu qu'absolument tous les personnages de ce livre sont dépeints comme des idiots, parlant pour ne rien dire ou juste des banalités, qui n'ont d'autres envie que de celle de voir Johnny Hallyday en concert, j'ai quand même des doutes... 

Bref, à mes yeux ce livre ne vaut pas mieux qu'un mauvais Marc Levy (oh ce pléonasme !), beaucoup de bruit pour une coquille vide, des personnages clichés et terriblement pas intéressants, et une écriture sans saveur, a lire si vous êtes bloqué(e) chez vous et que le reste de vos bouquins a cramé ou que vous êtes coincé(e) aux toilettes avec la constipation, après tout ce bouquin peut faire office de laxatif !.


Ma note

mercredi 13 juillet 2016

Les Amants Papillons - Benjamin Lacombe




Les amants papillons
Benjamin Lacombe

Édition Seuil, 2015
40 pages


Genre(s) : Album, Conte

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Résumé :
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Le jour de ses quatorze ans, Naoko, une jeune Japonaise, apprend qu'elle doit quitter son village natal pour l'immense ville de Kyoto. Son père a prévu qu'elle y complète son éducation pour devenir une 'jeune fille convenable'. Mais l'art de servir le thé, de jouer du luth ou de faire danser les éventails n'intéressent pas Naoko. Naoko aime lire et écrire de poèmes. Avec l'aide de sa servante Suzuki, elle se déguise en homme et parvient à entrer à l'université...
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Mon avis :
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Bien que ce soit le premier titre de Benjamin Lacombe que je lis, je connais déjà son travail et j'aime énormément ses illustrations, j'avais donc envie de savoir si ses textes étaient à la hauteur, et si je ne peux pas encore juger pour les autres en ce qui concerne "Les amants papillons" le récit n'a rien à envier aux magnifiques dessins.

Suite à la décision de son père qui pense qu'il est grand temps qu'elle devienne une vraie dame et qu'elle apprenne les bonnes manières, Naoko est forcée de quitter son village pour aller à Kyoto, mais la jeune fille ne veut pas de cette éducation qui consiste à apprendre l'art du thé, le luth, et surtout à ne pas exprimer ses émotions comme elle les ressent, alors elle vole un kimono à son père et avec l'aide de sa servante se fait passer pour un homme à son arrivée en ville...

"Les amants papillons" reprend une ancienne légende chinoise que je ne connaissais pas du tout et qui est vraiment superbe, très poétique (en particulier lors de son dénouement) et touchante, que ce soit pour la jolie romance que va vivre Naoko ou pour le personnage en lui même qui a soif de liberté et d'apprendre, et qui est freinée dans ses envies de manière totalement injuste juste parce qu'elle est une fille et qui par conséquent doit trouver des ruses pour ne pas se laisser enfermer dans le rôle de potiche qu'on voudrait bien lui donner et qu'elle puisse être épanouie et faire ce qu'elle aime. 
Ce n'est pas le message le plus original qui soit mais c'est toujours efficace, c'est toujours bon de le rappeler après tout vu que cet album peut être lu par les plus jeunes, et à mes yeux c'est le genre d'histoires que je trouve inspirantes et pour lesquelles je me prend vite d'affection et où j'espère que le personnage atteindra son but, quand le personnage en question arrive à attirer ma sympathie en tout cas, et c'est le cas pour Naoko qui voit tous ses espoirs foutus quand son père se donne le droit de choisir le chemin qu'elle doit prendre mais qui ne se laisse pas abattre pour autant et fait tout ce qu'il faut pour mener la vie dont elle rêve...

Les dessins sont tout aussi beaux que l'histoire, les traits sont délicats, les couleurs sont douces parfois sombres parfois lumineuses et l'ensemble restitue parfaitement l'atmosphère raffiné du cadre, la mélancolie de l'histoire et les sentiments ressentis par les personnages, ils ne plairont sans doute pas à tout le monde le style de Benjamin Lacombe pouvant être un peu particulier (même si ce ne sont pas ses illustrations les plus "farfelues" de mon point de vue, l'ensemble est tout de même soft !) mais personnellement je suis sous le charme et je n'en ai pas eu assez !

Parce que s'il y a bien quelque chose de frustrant avec ce livre c'est qu'il est beaucoup trop court, j'aurais adoré rester un peu plus longtemps avec Naoko, et avoir encore plus de dessins à savourer, à par cela c'est une perle, une magnifique découverte pour ceux qui sont déjà familiers du travail de l'auteur / l'illustrateur et un bon choix je pense pour ceux qui ne savent pas quel titre de Benjamin Lacombe lire en premier !

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Ma note